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Par Cyril Assathiany, directeur artistique

Je travaille actuellement sur L’ami de l’étranger, un projet de recherche artistique qui explore une question à la fois simple et vertigineuse :

Comment vivons-nous l’hospitalité aujourd’hui ?

Comment accueillons-nous l’autre ? Et comment faisons-nous, intimement, l’expérience d’être accueillis ?

Un projet qui commence par des rencontres

Ce projet  commence par des rencontres. Du temps partagé. De la présence. De l’écoute.
Avec l’écrivaine, Clémence Duma- Côté et le philosophe Philippe Langlois, je vais à la rencontre de quatre communautés en Estrie pour vivre et faire vivre des expériences d’hôte et d’invité. Ensemble, nous tentons de déplacer les rôles, d’observer ce qui se transforme quand on ouvre sa porte… ou quand on la franchit.

Dans l’hospitalité, qui de l’hôte ou de l’invité sort le plus transformé ?

Les questions qui traversent la recherche

Sommes-nous réellement de quelque part ?
À partir de quand peut-on dire que l’on fait partie d’un lieu, d’un territoire, d’une communauté ?
Quand des inconnus entrent chez moi, que se passe-t-il vraiment ? Et qu’est-ce que ce « chez moi » que je crois si évident ?

De la porte d’entrée à la table de la cuisine, du jardin au salon, comment accueille-t-on? Comment se présente-t-on en entrant chez l’autre ? Et surtout : est-ce que les personnes qui arrivent se sentent réellement accueillies ?

Quelles sont les limites du privé ?
Sommes-nous prêts à les partager ?
Pourquoi se sent-on bien chez certaines personnes et moins chez d’autres ?
Qu’est-ce qui fait vraiment un « chez soi » ?

Une recherche nourrie par un parcours personnel

Arrivé sur ce territoire il y a cinq ans (après plus de dix ans d’allers-retours),je me demande encore : suis-je toujours un étranger dans ce que je considère aujourd’hui comme ma ville?
Issu d’une deuxième génération d’immigration, ayant beaucoup voyagé, la question de l’accueil, du fait d’être chez soi, d’ouvrir sa porte et  jusqu’où,m’habite profondément.

De la peur à la curiosité de l’autre

Dans cette recherche, je cherche les fils qui nous relient, mais aussi les paradoxes de notre désir d’accueillir. Je cherche à comprendre comment transformer la peur en curiosité de l’autre. Comment revenir à une forme de confiance.
Avons-nous encore les bras ouverts aujourd’hui ? Se sont-ils refermés un peu ? Et pourquoi ?

Une exploration en cours, ouverte à toutes et tous

Au cours des prochains mois, une douzaine de rencontres auront lieu dans quatre communautés estriennes. Ces moments ne seront ni scientifiques ni neutres. Ils seront subjectifs, sensibles, humains. On y observera nos gestes, nos façons de faire, nos contradictions. On discutera. On partagera. On se laissera transformer.

Toute cette matière, faite de relations humaines, de conflits intérieurs, de questions sans réponses claires, est un terreau dramaturgique immense.

Et bien sûr, vous y êtes invité·es.

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